
À l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, la Fédération hospitalière de France dresse le bilan d’un été marqué par 52 jours de canicule intense, des incendies d’une ampleur exceptionnelle et plus de 7 300 décès en excès. Partout, dans les hôpitaux, les EHPAD et les établissements accueillant des personnes en situation de handicap, les équipes publiques ont réalisé un tour de force humain et organisationnel. À l’ouverture des discussions budgétaires, la FHF demande les moyens de sécuriser la situation des établissements et de préparer l’avenir : un ONDAM établissements de santé à + 3,9 % et un fonds vert d’un milliard d’euros par an dès 2027 pour adapter le parc hospitalier et médico-social au changement climatique.
Face aux crises, les Français comptent sur l’hôpital public
L’hôpital public a démontré cet été encore sa capacité à faire face aux crises. En Gironde, le CHU de Bordeaux a ouvert 200 lits en moins de 48 heures pour accueillir les personnes évacuées face aux incendies. Dans les Landes, l’EHPAD public de Biscarrosse a été évacué en pleine nuit. Partout, les équipes se sont mobilisées pour protéger les patients, les résidents et assurer la continuité des soins.
L’enquête annuelle de la FHF sur la situation des urgences pendant l’été confirme l’ampleur de l’effort : plus d’un service d’urgence sur deux a connu une hausse de son activité, près de la moitié des établissements ont pris en charge des patients plus lourds qu’habituellement en raison de la chaleur et un sur deux estime que ses locaux n’étaient pas adaptés.
Pour faire face, les établissements ont actionné tous les leviers disponibles — régulation par le 15, réorientation des patients, renforts temporaires, redéploiements internes, équipements d’urgence contre la chaleur — et ont surtout pu compter sur l’engagement des professionnel.les : 67 % des centres hospitaliers et CHU ont eu recours aux heures supplémentaires et 52 % au temps de travail additionnel.
Car la chaleur n’explique pas tout. Elle s’est cumulée avec la réduction estivale de l’offre de soins de ville, les fermetures ou régulations d’autres services du territoire et les tensions sur les transports sanitaires : près de 70 % des services d’urgence ont rencontré des difficultés d’accès aux lits d’aval en MCO (médecine, chirurgie, obstétrique), près de la moitié une dégradation de la réponse de la médecine de ville et 45 % de l’accès aux transports sanitaires. L’hôpital public a tenu, grâce à ses équipes et à la solidarité entre établissements publics, et souvent en compensant les fragilités de l’organisation des soins autour de lui.
Les efforts consentis par les hospitaliers doivent être reconnus
La situation de l’été traduit fidèlement la place centrale et unique de l’hôpital public dans notre système de santé : il prend en charge 8 passages aux urgences sur 10, accueille 85 % des patients relevant de la permanence des soins, assure plus de 85 % des séjours de réanimation et réalise la totalité des greffes d’organes.
Pour autant, ces missions d’excellence et de soins, qui honorent le service public, n’ont pas empêché les hospitaliers de fournir des efforts importants pour ramener l’activité des établissements à leur niveau pré-Covid. Un chiffre résume les efforts accomplis : au cours des deux dernières années, le nombre de séjours hors obstétrique a progressé de 10 % tandis que les effectifs augmentaient d’environ 1,5 %. La productivité des équipes a retrouvé, voire dépassé, son niveau de 2019, déjà particulièrement élevé.
La dynamique se retrouve aussi dans le taux d’absentéisme, passé de 11,1 % en 2022 à 9,3 % en 2025, et à 8,6 % dans les CHU – près de deux points en trois ans.
Cette performance doit être pleinement reconnue au moment de déterminer les efforts demandés au système de santé. Les leviers internes ont déjà été largement mobilisés : les gisements d’efficience se situent désormais à l’échelle de l’ensemble du système de santé - pertinence des soins et des parcours, prévention, meilleure organisation territoriale – et une contribution équitable de tous les acteurs…
Quoiqu’il en soit, le R et V tient à remercier tous-tes les professionnel.les de santé et les pompiers qui ont dû faire face à cet été chaud et continuer de réaliser leur travail pour le mieux être des personnes malades ou toutes celles et ceux touché.es par les incendies de l’été.
Pour lire la suite : Au sortir d’un été extrême, donnons à l’hôpital public les moyens de continuer à répondre présent ! | Fédération Hospitalière de France
